Le Leader Inspirant : Créez une Connexion Authentique et Renforcez la Cohésion de Votre Équipe
Le leader inspirant au Pays basque : créez une connexion authentique, renforcez la cohésion de votre équipe et fédérez sans uniformiser grâce au leadership éthique.
DYNAMIQUE DE GROUPEMANAGEMENT
Lydie GOYENETCHE
11/11/20259 min lire


Leadership éthique et neurodivergence au Pays basque : fédérer sans uniformiser
Depuis plus de vingt ans, le Pays basque est le théâtre d’une reconquête linguistique et culturelle sans précédent. L’Office Public de la Langue Basque (OPLB), créé en 2004, a structuré des politiques ambitieuses pour soutenir la transmission et la vitalité de l’euskara. Dans le même temps, les collectivités locales, comme Bayonne ou Hasparren, ont déployé des plans successifs pour encourager l’usage de la langue basque, tandis que l’Institut Culturel Basque a favorisé la diffusion d’arts et d’initiatives associatives. Cette dynamique, portée par un élan politique et identitaire fort, a contribué à redéfinir le paysage symbolique du territoire, implantant même de nouveaux repères culturels comme l’Olentzero — personnage désormais incontournable des fêtes de fin d’année, mais encore méconnu dans de nombreux foyers il y a vingt ans.
Cette effervescence culturelle, si féconde en apparence, invite pourtant à une réflexion plus profonde : dans quel but fédère-t-on ? Quand une société cherche à rassembler autour d’un mythe, d’une langue ou d’un projet collectif, la question du comment devient essentielle. C’est là que le leadership éthique et inclusif prend tout son sens : il ne s’agit plus de rallier par adhésion ou par conformisme, mais de relier par sens, en respectant la diversité des profils, des histoires et des sensibilités.
Car au-delà de la culture, c’est bien l’humain qui se trouve au cœur de cette dynamique. Aujourd’hui, près de 20 % des actifs présentent un profil neurodivergent : TDA, autisme, haut potentiel, dyslexie, ou encore hypersensibilité. Ces réalités, encore trop peu reconnues dans les organisations, questionnent nos modèles de gouvernance et nos façons de travailler ensemble. De la même manière que la politique linguistique du Pays basque cherche à faire coexister anciens locuteurs, apprenants et non-bascophones sans hiérarchie, les entreprises sont appelées à inventer des modèles d’inclusion où chacun trouve sa place — sans uniformisation ni stigmatisation.
Ainsi, le leadership éthique ne se limite plus à la vertu ou à la morale: il devient un outil stratégique pour penser la cohérence entre diversité culturelle et diversité cognitive. Dans un territoire où la pluralité est constitutive — linguistique, économique, spirituelle —, la responsabilité du leader consiste à créer un cadre commun sans effacer les différences. Il s’agit d’accueillir la complexité comme une ressource et non comme un obstacle, de permettre à chacun d’exprimer sa singularité sans perdre le fil du collectif.
Le Pays basque, dans cette perspective, n’est pas seulement un territoire d’identité : il est un laboratoire du leadership éthique. Là où une langue renaît, où un mythe s’invente, où la diversité se vit au quotidien, se joue une question universelle : comment fédérer sans normaliser ? Comment diriger sans dominer ? Et comment inclure sans diluer ?
C’est dans cette tension féconde entre enracinement et ouverture, entre appartenance et singularité, que se construit le leadership de demain : un leadership éthique, profondément humain, capable d’accueillir la neurodiversité comme une chance pour repenser le lien, la responsabilité et la transmission.
La neurodivergence, un révélateur du leadership éthique
Comprendre la neurodivergence : une autre organisation du cerveau
Le mot neurodivergence ne désigne pas une maladie, mais une autre façon pour le cerveau humain de traiter les informations, d’interagir avec le monde et de réguler les émotions. Là où le cerveau dit “neurotypique” — c’est-à-dire conforme à la moyenne statistique — établit des circuits prévisibles entre perception, attention et inhibition, le cerveau neurodivergent suit d’autres voies : plus arborescentes, plus sensibles, plus rapides parfois, plus décalées souvent.
Les études d’imagerie cérébrale (notamment celles du MIT et de l’Université de Cambridge entre 2018 et 2023) ont montré que le TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) se caractérise par une hyperconnectivité entre le cortex préfrontal, le striatum et le système limbique. Cela rend le cerveau TDAH extrêmement réactif à la nouveauté et à la récompense immédiate, mais moins efficace dans les tâches routinières ou peu stimulantes. Le cortex préfrontal, siège du discernement et de la planification, entre souvent en décalage avec le système dopaminergique, responsable de la motivation. Ce désalignement crée cette impression d’inconstance : une hyperconcentration quand l’intérêt est fort, et une dispersion dès que le sens disparaît.
Le TSA (trouble du spectre de l’autisme) présente un fonctionnement inverse : hypoconnectivité entre certaines aires frontales et temporales, mais hyperconnectivité locale dans les régions du traitement perceptif. Le cerveau autiste perçoit les détails avant la globalité, ce qui confère une précision remarquable mais complique la lecture implicite des émotions sociales. Là où le TDAH vit dans l’éclat du mouvement, l’autiste vit dans la stabilité de la structure.
Enfin, le cerveau neurotypique arbitre en continu entre ces deux pôles : il hiérarchise, filtre, et se conforme plus aisément aux attentes collectives. Il s’adapte à la norme sans trop d’effort, mais parfois au prix d’une perte de créativité ou d’intensité. Bref les 8/10 de la population mondiale au moins.
Ce triptyque — TDAH, TSA, neurotypique — illustre la diversité fondamentale de la cognition humaine. Il ne s’agit pas de classer, mais de comprendre comment chaque architecture cérébrale révèle un rapport au monde, une forme de vérité perceptive. Et c’est là que le leadership éthique trouve son enjeu : accueillir ces modes de fonctionnement sans les hiérarchiser.
De la différence individuelle à la responsabilité collective
Les données actuelles montrent que près de 20 % de la population mondiale est concernée par la neurodivergence, mais moins de 4 % bénéficient d’un environnement de travail réellement adapté. Les personnes autistes ou TDAH font partie des profils les plus exclus du marché du travail : aux États-Unis, seulement 21 % des adultes autistes occupent un emploi à temps plein, contre 73 % des neurotypiques (CDC, 2022). En France, le taux de chômage des personnes avec autisme avoisine 85 % selon la Cour des comptes (2023).
Pourtant, là où l’inclusion est sincère, les résultats économiques sont mesurables. Les entreprises qui favorisent la diversité cognitive constatent en moyenne 28 % de productivité supplémentaire et 30 % d’innovation en plus (Accenture, 2019). Ces chiffres ne sont pas anecdotiques : ils traduisent la puissance des approches plurielles face à la complexité du monde actuel.
Le leadership éthique se distingue alors du simple management de la diversité : il ne cherche pas à “intégrer” mais à apprendre de la différence. Il reconnaît que la neurodivergence n’est pas un écart à corriger, mais une ressource à comprendre. Cette posture suppose une éthique du regard : voir l’autre dans sa cohérence propre, non dans son manque.
Le Pays basque comme métaphore du cerveau collectif
Le Pays basque, avec ses contrastes et ses harmonies, offre une image vivante de cette neurodiversité. Comme un cerveau collectif, le territoire est traversé de dualités : montagnes et océan, français et euskara et espagnol, tradition et innovation. Ces tensions ne sont pas des fractures mais des aires de plasticité — là où naissent les adaptations les plus fécondes.
Dans les organisations, la neurodiversité agit de la même manière : elle empêche la pensée de se rigidifier. Le TDAH incarne le mouvement, l’intuition, la fulgurance ; le TSA incarne la rigueur, la cohérence et la précision ; le neurotypique assure la médiation, l’équilibre et la lisibilité sociale. Ces trois formes de cognition, si elles dialoguent, créent une intelligence collective plus stable et plus créative à la fois.
Un leader éthique, au Pays basque comme ailleurs, devient alors un chef d’orchestre de ces différences : il ne cherche pas à accorder toutes les notes, mais à laisser résonner chaque timbre. Il comprend que la cohésion ne naît pas de l’uniformité, mais de la justesse relationnelle.
Le leadership éthique comme plasticité sociale
Accueillir la neurodiversité dans les structures, c’est élargir la notion même d’intelligence collective. Cela suppose de penser la performance comme une écologie du cerveau : chaque membre de l’équipe devient un pôle de perception différent, et la décision collective résulte d’une intégration fine de ces perceptions.
Là où le modèle productiviste privilégiait la standardisation des profils, le leadership éthique invite à la différenciation coopérative. Il n’impose pas la même cadence à tous ; il accorde des rythmes. Il crée des conditions où l’hyperfocus du TDAH devient une force créative, où la précision du TSA devient un socle de qualité, où la flexibilité du neurotypique devient un liant social.
Ainsi, le leader éthique ne fédère pas malgré les différences, mais par elles. Il comprend que la diversité cognitive n’est pas une tolérance mais une condition de la performance durable.
Du territoire à l’entreprise: fédérer sans uniformiser
Fédérer, ce n’est pas rallier mais relier
L’un des grands malentendus contemporains du management est de confondre cohésion et conformité. Fédérer ne consiste pas à faire taire les différences, mais à les relier par un projet commun. Au Pays basque, cette nuance est vécue au quotidien : le plurilinguisme, la coexistence entre tradition et innovation, les logiques communautaires locales — tout cela forme un tissu social riche, mais fragile si on tente de le rendre uniforme.
Dans les organisations, le leadership éthique s’appuie sur la même philosophie : créer un espace commun sans effacer les singularités. Cela suppose une écoute sincère, un cadre clair, et une reconnaissance explicite des modes cognitifs ou culturels minoritaires. Une étude menée par McKinsey en 2023 montre que les entreprises intégrant des approches inclusives au sens large (culturelles, cognitives, sociales) obtiennent une hausse moyenne de 36 % de performance d’équipe et une réduction de 25 % du turnover. La raison est simple : les personnes se sentent respectées, et donc responsables.
Ainsi, le leadership éthique n’est pas un supplément d’âme : il est une stratégie de durabilité. Fédérer sans uniformiser, c’est reconnaître que la cohésion ne naît pas de la ressemblance, mais de la relation juste entre des différences assumées.
Le territoire basque comme école de la complexité
Depuis plus de vingt ans, les politiques linguistiques et culturelles basques ont expérimenté, souvent sans le dire, des formes de gouvernance éthique. On y retrouve les grands principes de la neurodiversité appliqués au collectif : valoriser les singularités, préserver les équilibres, accepter les tensions comme moteurs d’évolution.
Entre 2004 et 2024, le nombre de locuteurs actifs de l’euskara a augmenté de 30 %, mais la proportion de non-bascophones reste majoritaire. Les institutions locales ont compris que l’unité culturelle ne pouvait passer par une homogénéité linguistique. Elles ont donc opté pour une stratégie de coexistence intelligente : enseignement bilingue, signalétique mixte, communication inclusive.
De la même manière, une entreprise qui veut bâtir un leadership éthique doit créer des espaces d’articulation entre ses différents “langages” internes : le langage du commercial et celui du chercheur, celui du créatif et celui du gestionnaire, celui du neurotypique et celui du neurodivergent. Là où la politique territoriale articule plusieurs cultures, l’entreprise peut articuler plusieurs manières de penser.
De la culture au management : aligner l’humain et le durable
Le leadership éthique n’est crédible que s’il s’incarne. Cela implique de relier la stratégie RSE à la réalité humaine du travail. Trop souvent, les entreprises séparent les deux sphères : d’un côté, les engagements climatiques, et de l’autre, les équipes épuisées, fragmentées, parfois incomprises dans leur diversité.
Or, l’un ne peut plus aller sans l’autre. Les études de Harvard Business School (2023) montrent que les entreprises ayant intégré la santé mentale, la diversité cognitive et la durabilité environnementale dans une même politique globale obtiennent jusqu’à 45 % d’engagement salarié en plus et 40 % de croissance de marque sur cinq ans.
Le Pays basque, territoire de contrastes naturels, rappelle que la durabilité commence dans l’équilibre interne. Ce qui vaut pour un écosystème écologique vaut pour un écosystème humain : sans équilibre entre rythme, écoute et reconnaissance, la croissance devient stérile. Le leadership éthique s’enracine donc dans une cohérence entre parole, décision et rythme collectif.
Mesurer la cohérence : les KPI du leadership éthique
Un leadership éthique ne se décrète pas, il se mesure. Les indicateurs de performance (KPI) doivent évoluer : il ne s’agit plus seulement de compter les résultats, mais d’évaluer la qualité du processus. Dans les entreprises pionnières de la RSE intégrée, plusieurs indicateurs émergent :
le taux de rétention des collaborateurs neurodivergents ou atypiques,
le taux d’adhésion à la raison d’être de l’entreprise,
la corrélation entre bien-être et performance,
et la réduction des émissions de CO₂ par collaborateur, en lien avec la sobriété organisationnelle.
Par exemple, le groupe Danone a introduit depuis 2021 un indicateur appelé Human Capital ROI mesurant la valeur créée par le bien-être collectif. Résultat : une amélioration de 22 % du taux d’engagement global et une baisse de 18 % du turnover sur trois ans. Ces données confirment que la performance durable est d’abord humaine avant d’être économique.
Dans un territoire comme le Pays basque, cette approche prend une coloration particulière : on y valorise la proximité, le lien social, la fidélité. Ces valeurs, transposées en management, deviennent des indicateurs concrets de durabilité relationnelle.
Le leader éthique comme artisan du lien
Le leader éthique n’est ni un technicien de la morale ni un manager “bienveillant” au sens superficiel du terme. C’est un artisan du lien, capable d’intégrer les dimensions cognitives, culturelles et écologiques dans une vision cohérente. Comme l’artisan basque qui ajuste le bois à la main, il ajuste son management à la singularité des personnes.
Son rôle n’est pas de produire du consensus, mais du sens partagé. Il sait que le désaccord, s’il est écouté, est source de créativité. Il ne cherche pas à contrôler les trajectoires individuelles, mais à créer un climat où elles peuvent s’exprimer sans crainte. Dans un monde saturé d’indicateurs et de reporting, le leadership éthique redonne sa place à la parole, au temps et à la transmission.
Fédérer sans uniformiser, c’est choisir la justesse plutôt que la puissance. C’est comprendre que la cohérence n’est pas l’absence de différence, mais la capacité à les relier dans un mouvement commun.


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