L’amélioration des conditions de travail : un levier stratégique pour les RH engagés dans la RSE

Découvrez comment optimiser les conditions de travail pour réduire l’absentéisme, limiter le turn-over et renforcer le bien-être des collaborateurs. Une approche RSE gagnante pour les RH

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LYDIE GOYENETCHE

10/14/20257 min lire

TEAM BUILDING
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RSE : L’amélioration des conditions de travail, levier de performance sociale et outil contre le turn-over

Dans un contexte professionnel toujours plus exigeant, les conditions de travail jouent un rôle central dans la performance des entreprises. Bien plus qu’un simple atout, leur amélioration est devenue une nécessité stratégique. En intégrant cette démarche dans leur politique de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE), les employeurs peuvent non seulement réduire les coûts liés à l’absentéisme et au turn-over, mais aussi renforcer l’engagement et le bien-être des collaborateurs. Cet article explore les actions à mettre en œuvre pour favoriser un environnement de travail adapté et les bénéfices d’une telle approche.

L’absentéisme : une réalité coûteuse et révélatrice

Chaque année en France, des millions de journées de travail sont perdues en raison d’un absentéisme souvent lié à des conditions de travail inadaptées. Selon l'Institut Sapiens, l'absentéisme coûte à la France plus de 100 milliards d'euros par an, soit 4,7% du PIB.

Selon l'Institut Sapiens, les troubles musculosquelettiques (TMS), l’épuisement professionnel ou encore les pathologies liées au stress sont parmi les causes les plus fréquentes. Une étude révèle ainsi que 17 % des salariés s’absentent au moins une fois par an pour des raisons de santé directement liées à leur environnement professionnel, tandis que 8 % de la population active (INSEE) est touchée par des burn-outs sévères. Ces chiffres illustrent à quel point le mal-être au travail peut affecter durablement les organisations.

La surcharge cognitive : un fléau invisible mais omniprésent

Un environnement bruyant, multitâche ou mal agencé affecte les capacités de concentration et accroît le stress. Ce phénomène impacte particulièrement certains profils, comme les adultes atteints de TDA, qui représentent 5 % de la population, ou encore les salariés hypersensibles sensoriels, estimés à 20 %. Les nuisances sonores, ressenties par 52 % des salariés comme une gêne sur leur lieu de travail, figurent également parmi les principaux obstacles à la productivité.

Le coût du turn-over : une charge financière significative

Des conditions de travail stressantes ou inappropriées entraînent des départs fréquents, avec des coûts élevés pour les entreprises. Selon la Society for Human Resource Management (SHRM), remplacer un employé peut coûter l’équivalent de 6 à 9 mois de son salaire.

Pour un cadre supérieur, ce coût peut grimper jusqu’à 213 % de son salaire annuel. De plus, un salarié en arrêt coûte en moyenne 13 % de son salaire annuel à l’entreprise, sans compter l’impact sur les équipes restantes, souvent surchargées pour compenser les absences.

Comparaison internationale : France, Espagne, Suède, États-Unis

Le coût du travail varie significativement entre les pays, influençant les politiques d'amélioration des conditions de travail. En 2022, le coût horaire de la main-d'œuvre s'élevait à 39,7 € en France, se situant au 4ᵉ rang parmi les pays observés, après la Belgique, la Suède et les Pays-Bas. L'Espagne présentait un coût horaire moyen de 23,5 €, le plus bas de l'échantillon.

Aux États-Unis, le coût du travail est également variable selon les secteurs et les régions, mais des études indiquent que remplacer un employé peut coûter entre 50 % et 200 % de son salaire annuel, en fonction du poste et du niveau de qualification.

Améliorer les conditions de travail : leviers d’action concrets

Face à ces constats, il devient impératif de repenser l’environnement de travail pour qu’il réponde mieux aux besoins des collaborateurs. Investir dans l’ergonomie des espaces peut prévenir des problématiques courantes comme les troubles musculosquelettiques ou la fatigue oculaire. L’installation de mobiliers adaptés, la réduction des nuisances sonores à l’aide de panneaux acoustiques, ou encore un éclairage optimisé sont autant de solutions simples qui peuvent faire une différence significative. Les espaces de travail calmes, dédiés à la concentration, offrent un répit indispensable à ceux qui souffrent de surcharge mentale. Par ailleurs, former les managers à repérer les signaux de stress ou d’épuisement constitue une étape clé pour une prise en charge précoce.

La flexibilité organisationnelle est un autre levier essentiel. En favorisant le télétravail, en proposant des horaires adaptés ou en encourageant la déconnexion, les entreprises permettent à leurs collaborateurs de trouver un équilibre entre vie professionnelle et personnelle. Ce type de mesure réduit considérablement les trajets stressants et prévient l’hyperconnexion, souvent source de fatigue chronique.

L’attention portée à la santé mentale doit aussi occuper une place centrale. Les services de soutien psychologique, les ateliers de gestion du stress ou de relaxation, ainsi que des enquêtes régulières pour évaluer le ressenti des équipes sont des outils précieux pour accompagner les salariés. Ces actions permettent non seulement de limiter les risques psychosociaux, mais aussi de renforcer la cohésion et l’engagement des équipes.

Les bénéfices d’une politique RSE axée sur le bien-être

Investir dans des conditions de travail adaptées génère des résultats tangibles. En améliorant les conditions de travail, certaines entreprises ont réussi à réduire leur absentéisme de 25 % à 30 %, tout en augmentant la productivité de leurs équipes de 15 %. Une baisse significative du turn-over est également constatée, particulièrement chez les talents qualifiés, qui apprécient de travailler dans un environnement valorisant leur bien-être.

Le paradoxe social des collectivités publiques

Entre exemplarité affichée et réalités précaires

Les collectivités territoriales incarnent, dans l’imaginaire collectif, un modèle de stabilité et de solidarité. Pourtant, derrière les discours institutionnels sur la responsabilité sociale et la qualité de vie au travail, un paradoxe profond se dessine. Sous la pression budgétaire, nombre d’entre elles externalisent des missions essentielles — entretien, restauration, animation périscolaire, nettoyage des écoles — vers des associations ou des prestataires privés. Ce glissement, justifié par une logique d’appel d’offres et de rationalisation des coûts, conduit à une précarisation croissante des travailleurs les plus invisibles.

Une précarité structurelle au cœur du service public

Dans les faits, le service public repose de plus en plus sur des contrats courts ou partiels, souvent occupés par des agents non titulaires. En 2022, la fonction publique française comptait plus de 1,26 million de contractuels, soit 22 % des effectifs selon le ministère de la Transformation et de la Fonction publique. Une part importante de ces postes, bien qu’officiellement temporaires, répond à des besoins permanents. Cette situation crée une forme de dualité interne : d’un côté les titulaires bénéficiant d’une stabilité statutaire, de l’autre des contractuels soumis à une précarité structurelle, souvent cantonnés à des horaires morcelés et à des rémunérations faibles.

L’externalisation : quand l’humain devient variable d’ajustement

Le paradoxe s’aggrave lorsque les collectivités délèguent la gestion de ces emplois à des structures associatives. Ainsi, certaines écoles confient le nettoyage ou la maintenance à des associations à but non lucratif, elles-mêmes soumises à des appels d’offres publics. Les travailleurs deviennent alors la variable d’ajustement économique de ces marchés, où la main-d’œuvre se négocie au plus bas coût. Un agent d’entretien travaillant de 6 h à 8 h 30, rémunéré uniquement pendant les périodes scolaires, n’entre pas dans les standards d’un emploi durable. Et pourtant, c’est sur ce type de mission que repose la dignité quotidienne de nos lieux d’apprentissage.

Une réponse législative limitée

La loi du 6 août 2019, dite de transformation de la fonction publique, a tenté d’apporter une réponse partielle en instaurant une indemnité de fin de contrat pour certains agents. Mais cette mesure reste conditionnée à de nombreux critères : durée du contrat, nature du poste, renouvellements successifs. Dans les faits, peu d’agents y ont effectivement accès. Ce cadre réglementaire, censé sécuriser les parcours, ne corrige pas la précarité : il l’organise, en fixant des bornes administratives à ce qui devrait relever d’une responsabilité éthique.

Un service public à deux vitesses

Les tensions entre titulaires et contractuels se multiplient, comme l’a souligné un article du Monde en mars 2025 : le recours massif aux contractuels engendre une fonction publique « à deux vitesses ». Le risque est clair : un service public qui parle de justice sociale mais reproduit en interne les inégalités qu’il prétend combattre et qui les aggrave.

Redonner sens à la responsabilité sociale publique

Ce paradoxe interroge profondément le sens même de la responsabilité sociale lorsqu’elle émane d’organisations publiques. Comment promouvoir l’inclusion et la performance sociale tout en confiant à des structures extérieures la gestion d’emplois précaires? Comment parler de bien-être au travail quand ceux qui nettoient les classes, accueillent les enfants ou entretiennent les espaces publics n’ont pas les moyens d’en vivre dignement ? Derrière les stratégies de rationalisation, c’est la cohérence morale du service public qui se joue.

Vers une RSE incarnée et cohérente

Une véritable politique de RSE dans les collectivités ne peut se limiter à des chartes ou des bilans sociaux. Elle doit se mesurer à l’aune de la réalité vécue par ces travailleurs du quotidien, dont le dévouement silencieux maintient la continuité des services. Redonner à ces métiers la reconnaissance et la stabilité qu’ils méritent, c’est non seulement réparer une injustice, mais réaffirmer la vocation première du service public : servir l’humain avant la logique comptable.

Conclusion : Bien-être et performance, un duo gagnant

Faire des conditions de travail une priorité n’est pas seulement une obligation morale, c’est un choix stratégique qui bénéficie à tous. En répondant aux besoins spécifiques des collaborateurs, les entreprises renforcent leur attractivité et réduisent les coûts cachés liés au mal-être. Cette démarche leur permet également d’améliorer leur compétitivité dans un monde du travail où le bien-être est devenu une attente universelle.

Si vous souhaitez aller plus loin, je me tiens à votre disposition pour explorer ensemble les actions concrètes qui rendront vos environnements de travail plus inclusifs et performants.