Les enjeux du secteur CHR: Inflation et défis DE LA RESTAURATION

Inflation, pression CHR, marges sous tension : pourquoi les acteurs des spiritueux et de l’agro-alimentaire structurent l’international via l’inbound marketing.

VEILLE ECONOMIQUE

LYDIE GOYENETCHE

1/21/202617 min lire

communication digitale
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agroalimentaire et spiritueux : pourquoi l’ouverture internationale devient un levier inbound stratégique

Pour les domaines viticoles, les producteurs de spiritueux et les industriels de l’agro-alimentaire, s’appuyer principalement sur la distribution via le segment CHR (cafés, hôtels, restaurants) peut aujourd’hui apparaître comme un choix de plus en plus risqué. Non pas parce que ce canal n’a plus de valeur, mais parce qu’il concentre désormais une forte pression simultanée sur les marges, les volumes et la prévisibilité des ventes.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En France, malgré un ralentissement de l’inflation dans la restauration (1,9 % en avril 2025 selon l’INSEE), les coûts structurels continuent d’augmenter : énergie, matières premières, loyers, salaires. Dans le même temps, la fréquentation du CHR reste volatile et très sensible au pouvoir d’achat. Côté spiritueux, les volumes vendus reculent (–4,9 % en 2023), y compris en grande distribution, tandis que les producteurs absorbent une partie de la hausse des coûts pour préserver leurs débouchés. Résultat : des arbitrages permanents, une pression accrue sur les prix, et une dépendance dangereuse à quelques canaux historiques.

Dans ce contexte, l’ouverture à des marchés internationaux apparaît non plus comme une option, mais comme un levier de sécurisation. Le tourisme international, la demande pour des produits de terroir, les vins, spiritueux et spécialités alimentaires françaises restent forts. En 2024, la France a accueilli près de 100 millions de touristes internationaux et généré plus de 70 milliards d’euros de recettes. À l’export, malgré un recul conjoncturel, l’image de qualité demeure un atout puissant… à condition d’être visible au bon endroit, au bon moment.

Mais s’ouvrir à l’international ne signifie pas être présent partout, ni traduire son site dans toutes les langues. Une stratégie efficace repose sur des choix clairs et rationnels, notamment :

  • sélectionner des marchés compatibles avec votre positionnement prix et vos capacités logistiques ;

  • choisir des langues réellement utilisées par vos acheteurs et prescripteurs ;

  • structurer un site en .com capable de capter des intentions qualifiées, sans diluer votre message ;

  • préparer le terrain commercial en amont, via des contenus qui expliquent, rassurent et valorisent votre savoir-faire.

C’est précisément là qu’intervient l’inbound marketing appliqué à l’agro-alimentaire et aux spiritueux. Dans des cycles de vente plus longs, plus concurrentiels et plus internationaux, la visibilité digitale n’est pas un outil de volume, mais un outil de tri, de crédibilité et de préparation de la vente. Un site en .com bien pensé ne remplace ni la force commerciale ni les réseaux de distribution, mais il permet de réduire la dépendance à un seul canal — et d’aborder l’international avec méthode, plutôt qu’à l’aveugle.

La question n’est donc plus faut-il s’ouvrir à l’international ?
Mais comment structurer cette ouverture pour qu’elle soutienne durablement les marges, les volumes et la stratégie commerciale.

Restaurateurs, agroalimentaire et spiritueux : un trio économique mis sous pression

Cet article fait partie du dossier "stratégie d'inbound marketing pour l'agro-alimentaire et les spiritueux"

L’économie française traverse une période délicate, marquée par une inflation modulée selon les secteurs. En avril 2025, l’inflation annuelle du secteur hôtels‑restaurants a ralenti à 1,9 %, contre 2,9 % le mois précédent et 3,3 % un an plus tôt Malgré cette baisse, la restauration reste exposée à une hausse des coûts, pesant sur les prix pratiqués et la qualité du service rendu.

Dans ce secteur, la flambée des prix de l’énergie, des matières premières alimentaires et de la main-d’œuvre impacte directement les restaurants, cafés et hôtels. L’indice américain montre par exemple que les repas servis sur place ont vu leurs prix augmenter de 8,8 % sur 12 mois . En France, les consommateurs ajustent leur budget, réduisent les sorties, ou optent pour des établissements à prix modérés, fragilisant encore davantage le secteur.

Côté agroalimentaire, l’inflation alimentaire frôle les 11,9 % pour certains produits, tandis que les spiritueux voient leur hausse des prix limitée à seulement +4 % en grande distribution — une modération volontaire des producteurs 1. Malgré cela, les volumes vendus chutent : en 2023, la consommation de spiritueux recule de 4,9 % en volume par rapport à 2022 barmag.fr, et la baisse se poursuit au début 2024. L’export baisse aussi : –13 % en volume et –12 % en valeur en 2023.

Ce secteur, crucial pour l’économie — 151 500 emplois, 17 milliards € de PIB générés — pâtit d’une fiscalité très lourde et d’un affaiblissement des marges : 63 % des acteurs signalent une baisse de trésorerie, 44 % une chute du chiffre d’affaires.

Ces chiffres montrent l’enjeu : malgré une inflation moins aiguë dans le CHR, le secteur de la restauration, de l’agroalimentaire et des spiritueux subit une double pression — sur les prix et sur le pouvoir d’achat des consommateurs — qui menace la pérennité des services et des produits offerts. Face à cette hausse des coûts, la question devient : comment adapter la stratégie, maintenir la qualité du service, et préserver la satisfaction du client ?

Tourisme, inflation et tension sur les marges : un équilibre précaire pour la restauration et les spiritueux

Le secteur de la restauration française évolue dans un environnement économique contrasté. D’un côté, la hausse des prix alimentaires, combinée à l’inflation énergétique et salariale, pèse fortement sur la rentabilité des services. De l’autre, la dynamique touristique est redevenue un levier puissant de fréquentation. En 2024, la France a accueilli environ 100 millions de touristes internationaux, un record historique selon Atout France, pour un total de 71 milliards d’euros de recettes touristiques, soit une croissance de +12 % par rapport à 2023.

Parmi ces visiteurs, les clientèles anglophones (notamment américaines) ont représenté une part significative, avec une progression de +5 %, tandis que les visiteurs hispanophones (Mexique, Espagne, Amérique du Sud) se sont également montrés plus nombreux, contribuant à l’essor des séjours culturels, gastronomiques et œnologiques.

Cependant, cette reprise ne profite pas également à tous les établissements. Le secteur des spiritueux affiche des tensions spécifiques : bien que les exportations françaises de cognac, de rhum ou de whisky aient conservé une image haut de gamme, les volumes vendus en grande distribution ont chuté de -4,9 % en 2023, tandis que les prix augmentaient de +4 % en moyenne. Ce décalage illustre une forte sensibilité du consommateur à la valeur perçue dans un contexte d’arbitrage budgétaire.

Les professionnels de la restauration, quant à eux, subissent un double effet ciseau : l’inflation sur les matières premières (viande, poisson, boissons) dépasse +11,9 %, selon l’INSEE, alors que les prix des menus ne peuvent pas suivre la même courbe, au risque de faire fuir le client local.

Le secteur du service est donc contraint d’innover : proposer une expérience différenciante, renforcer la lisibilité des valeurs de l’entreprise, attirer les clientèles touristiques en quête d’authenticité… mais aussi fidéliser une clientèle locale fragilisée. C’est dans ce cadre que se pose la question du positionnement, du marketing territorial, et du bon dosage entre attractivité touristique et ancrage économique durable.

Miser sur un site traduit pour capter les touristes : une stratégie digitale sous-exploitée

Dans le secteur de la restauration et des spiritueux, les données parlent d’elles-mêmes. En 2023, 61 % des touristes internationaux déclaraient utiliser Internet comme première source d’information avant de choisir un restaurant ou une activité locale, selon Google Travel Insights. Pourtant, moins de 25 % des restaurants en zone touristique disposent d’un site web traduit dans une autre langue que le français. Cette absence de version anglaise ou espagnole constitue un frein majeur pour les visiteurs étrangers en quête d’authenticité, notamment sur la Côte basque, où l’offre gastronomique est l’un des premiers facteurs d’attractivité.

Un site web multilingue, avec une traduction professionnelle (et non automatique), permet non seulement de renforcer la visibilité SEO à l’international, mais aussi d’inspirer confiance aux utilisateurs dès les premières secondes. C’est également un outil de différenciation pour capter les requêtes des internautes hispanophones recherchant “restaurante con menú local” ou des anglophones à la recherche d’un “local food and wine experience in Basque Country”.

Les recherches locales sur mobile ont explosé : +67 % en trois ans pour les expressions incluant "near me" selon Think with Google, et les restaurants qui publient régulièrement du contenu localisé (articles de blog, actualités, événements) voient en moyenne leur trafic naturel augmenter de 34 % par an. C’est une opportunité majeure pour les restaurateurs, caves ou producteurs de spiritueux qui souhaitent bâtir un marketing durable sans dépendre uniquement des plateformes type TripAdvisor ou The Fork.

Créer un blog ancré dans la culture gastronomique locale : entre valeur, visibilité et fidélisation

Un blog bien structuré, rattaché à un site traduit, devient un véritable levier de notoriété, notamment lorsqu’il valorise les spécificités culturelles et les produits du terroir. Sur la Côte basque, les sujets liés à la gastronomie — comme le piment d’Espelette, les vins d’Irouléguy, ou les recettes traditionnelles revisitées — peuvent attirer un lectorat très large, en particulier en saison estivale.

Par exemple, un article mensuel en espagnol sur l’origine du Jambon de Bayonne ou un billet en anglais sur l’accord mets et vins autour du merlu de Saint-Jean-de-Luz et des vins blancs locaux peut générer des requêtes très qualifiées. Cela permet aussi de remonter dans les résultats de recherche Google dans plusieurs langues (grâce au balisage hreflang), tout en valorisant la dimension culturelle de l’offre.

Selon HubSpot, les entreprises qui publient 11 articles de blog ou plus par mois génèrent 3 fois plus de trafic que celles qui n’en publient aucun. Même à une échelle plus modeste (1 à 2 articles par mois), les retombées en termes de référencement local sont mesurables dès le 3e mois.

La présence d’un blog multilingue joue également un rôle dans la construction d’une image de marque durable. Elle montre que l’entreprise s’inscrit dans un territoire, qu’elle valorise des savoir-faire, et qu’elle crée du lien avec son audience au-delà de la simple transaction. C’est un facteur de fidélisation pour les visiteurs récurrents, qui se souviendront non seulement du plat ou du verre dégusté, mais aussi de l’histoire racontée autour de ces produits.

Structurer une stratégie digitale complète : le SEO local comme point d’ancrage

Pour une entreprise locale du secteur CHR (cafés, hôtels, restaurants) ou de l’agroalimentaire, la première brique digitale n’est pas la publicité, mais la présence organique, notamment à travers le SEO local. Une fiche Google Business Profile bien optimisée permet d’apparaître dans les résultats de recherche lorsque des touristes ou des habitants tapent : restaurant typique Saint-Jean-de-Luz, meilleur gin basque à Biarritz ou visite de cave à Bayonne. C’est un levier gratuit mais encore largement sous-exploité, alors même qu’il conditionne près de 60 % des clics sur les recherches locales, selon une étude BrightLocal.

Pour autant, le SEO local ne se résume pas à une fiche Google Business Profile. Il s’inscrit dans une intention de visibilité beaucoup plus large : celle d’apparaître comme une réponse pertinente pour des personnes situées dans un territoire précis, mais aussi dans un secteur d’activité clairement identifié. Google ne se contente plus d’afficher une adresse ou des horaires ; il évalue la capacité d’un site à répondre à des attentes concrètes, liées à un usage, un contexte économique et une intention de recherche.

Dans les zones touristiques ou les filières comme l’agroalimentaire et les spiritueux, cette logique dépasse largement le cadre strictement local. Un producteur, une cave ou un restaurant peut être recherché aussi bien par un habitant que par un touriste étranger, un acheteur CHR, un distributeur ou un prescripteur. Le SEO local devient alors un SEO d’intention territorialisée : il repose sur la cohérence entre le contenu du site, les mots utilisés, les thématiques abordées et les besoins réels des personnes qui effectuent la recherche, qu’elles soient sur place ou à distance.

Autrement dit, apparaître localement ne signifie pas seulement “être visible sur une carte”, mais être compris comme légitime dans un écosystème donné. C’est cette cohérence — entre territoire, secteur, offre et discours — qui permet à une stratégie digitale de dépasser la simple visibilité ponctuelle pour devenir un véritable levier d’inbound marketing, capable d’attirer des profils qualifiés et de préparer la relation commerciale bien avant le premier contact.

Le SEO local ne se limite pas à remplir des champs : il repose sur trois piliers :

  1. La cohérence des informations (NAP) : nom, adresse, téléphone et horaires à jour sur tous les supports.

  2. La qualité des avis et réponses : un restaurant qui répond aux avis en plusieurs langues augmente son taux de conversion de 45 %.

  3. La stratégie de contenus localisés : publier des articles de blog ou des actualités autour d’événements gastronomiques (foires, marchés, fêtes locales) crée un lien direct avec les requêtes saisonnières des visiteurs.

Backlinks locaux et référencement croisé : attirer via des liens stratégiques

Un blog professionnel traduit en plusieurs langues peut devenir un centre de gravité SEO, à condition d’être intégré dans un réseau de liens locaux. Obtenir un backlink depuis un office de tourisme, un site de chambre d’hôtes, ou une coopérative agricole renforce l’autorité du site dans l’univers du terroir et du tourisme. Cela permet de remonter dans les résultats Google, surtout quand ces liens sont en espagnol ou anglais pour toucher une clientèle étrangère.

Sur la Côte basque, où cohabitent producteurs, artisans, restaurateurs et hébergeurs, la logique de coopétition est gagnante: en s’échangeant des liens utiles (pages partenaires, articles croisés, recommandations), chaque acteur renforce sa visibilité commune sans dépenser en publicité.

Réseaux sociaux bilingues : prolonger la narration locale

Une présence digitale cohérente passe aussi par des réseaux sociaux bien tenus, en particulier Instagram, Facebook et TripAdvisor, souvent consultés par les voyageurs. Mais publier uniquement en français limite fortement la portée. Traduire ses publications, ou au minimum les hashtags et les stories, permet d’être repéré par des utilisateurs qui ne taperaient jamais leur recherche en français.

Exemple : un post Instagram tagué #localfoodbasquecountry ou #gastronomiaPaísVasco augmente les chances de toucher un public hispanophone ou anglophone friand d’expériences locales. De plus, intégrer des contenus authentiques (coulisses de fabrication, portraits d’artisans, photos non retouchées) permet de gagner la confiance du client étranger, en quête d’une expérience vraie et différenciante.

Réserver une table, consulter un menu traduit et payer en ligne : un confort décisif pour les touristes

À l’heure du numérique, l’expérience client dans un restaurant commence bien avant le moment où l’on pousse la porte de l’établissement. Pour un visiteur étranger, notamment anglophone ou hispanophone, pouvoir réserver une table à l’avance, lire le menu dans sa propre langue, et payer en ligne de manière sécurisée représente un gain de confort important. Ce sont ces éléments qui, bien souvent, déclenchent la décision de venir dans un restaurant plutôt qu’un autre.

Pour répondre à cette attente, de nombreux établissements choisissent d’intégrer à leur site internet des outils de réservation, aussi appelés « plugins » (petits modules logiciels à ajouter sur un site). Ces modules permettent, par exemple, de :

  • gérer les disponibilités en temps réel ;

  • proposer des menus traduits dans plusieurs langues, sans ambiguïté ;

  • et encaisser un acompte ou un menu à l’avance, via une interface de paiement en ligne.

C’est ce que proposent des solutions bien connues comme ResDiary, TheFork Manager, Tock ou GloriaFood. Ces services, bien que souvent nommés en anglais, sont conçus pour des usages multilingues, notamment dans les zones touristiques. « TheFork Manager » (anciennement La Fourchette) permet, par exemple, d’ajouter une interface de réservation simple à un site web et de connecter cette interface à une page Google ou Facebook. Tock, quant à lui, propose une option de prépaiement du repas, très utilisée dans les restaurants gastronomiques ou lors d’événements spéciaux.

Les chiffres sont éloquents. Une étude menée par la plateforme Tock en 2023 a révélé que les restaurants utilisant des options de réservation et de paiement anticipé enregistraient :

  • une baisse de 30 à 40 % des « no-shows », c’est-à-dire des clients qui ne se présentent pas ;

  • une hausse du taux de réservation de 60 % auprès d’une clientèle touristique, notamment étrangère ;

  • et un panier moyen (c’est-à-dire la dépense par client) supérieur de 12 %, car les clients anticipent leurs choix de vins, desserts ou menus spéciaux.

Par ailleurs, selon une enquête menée par TripAdvisor, 70 % des voyageurs internationaux déclarent qu’ils sont plus enclins à choisir un restaurant qui leur permet de réserver facilement, surtout dans les zones très fréquentées comme la Côte basque en haute saison.

Ouvrir l’international sans diluer ses marges : méthode, marchés, langues et site en .com pensé B2B

Pour un industriel agroalimentaire ou un producteur de spiritueux, “aller à l’international” n’est pas un slogan : c’est une manière de rééquilibrer le risque quand un canal (CHR, parfois GMS) devient plus volatil, plus exigeant, ou plus compressé sur les marges. La question n’est pas seulement d’augmenter la portée, mais de structurer cette ouverture pour soutenir durablement les volumes, la valeur, et la stratégie commerciale.

Lire le marché avant de choisir les pays

L’international peut protéger la marge… ou l’éroder, selon les marchés ciblés et les conditions d’accès (distribution, taxes, conformité, logistique). Dans les vins & spiritueux, la dépendance à quelques pays est un fait : les exportations françaises ont reculé sur deux années consécutives et restent très concentrées, avec des variations fortes selon les zones (reflux en Chine et en hubs asiatiques, tensions commerciales, etc.).

Dans ce contexte, l’objectif n’est pas d’être “visible partout”, mais de construire un panier de marchés (2 à 4 au départ) qui se complètent :

  • Marché de volume (où le produit tourne, même avec une marge plus tendue)

  • Marché de valeur (où le premium est accepté si la preuve est forte)

  • Marché “stabilisateur” (régulier, moins erratique politiquement ou fiscalement)

Cette approche est d’autant plus importante que la filière spiritueux pèse lourd en France (emploi, PIB, fiscalité), et que la fragilité de trésorerie est un sujet récurrent dans la filière.

 Choisir les langues comme on choisit des canaux

Une erreur classique consiste à “traduire le site” comme on coche une case. En B2B, la langue est un outil de réduction du risque pour l’acheteur (distributeur / importateur). Elle doit être sélectionnée en fonction des parcours de décision :

  • Anglais : langue-pivot pour importateurs multi-pays, salons, dossiers d’agrément.

  • Espagnol : utile pour certains importateurs/distributeurs et zones touristiques, mais à calibrer selon les pays visés et le type d’offre.

  • Allemand / italien : souvent plus décisifs que l’on croit sur certains marchés européens (selon segments).

Le point clé : en inbound B2B, on ne traduit pas “tout”. On traduit ce qui sécurise la décision.

Structurer un site en .com pour des personas B2B

Si ton persona principal (public cible de ta communication digitale professionnelle, le site Internet), distributeurs et importateurs, alors le site n’a pas pour mission première de “séduire”, mais de prouver. Un importateur veut vérifier vite, sans friction, puis partager en interne.

Les pages qui font gagner des semaines au cycle de vente :

  • Pages “gamme” structurées (positionnement, segments, best-sellers, rotations possibles)

  • Fiches techniques et conformité (ingrédients/allergènes, nutrition si alimentaire, ABV, certifications, traçabilité, fiches PDF propres)

  • Logistique & commercial : MOQ, délais, conditionnement, palettes, incoterms, zones servies, politique de prix indicatifs, disponibilité

  • Preuves : distribution existante, récompenses, presse, références, marchés déjà servis (sans tomber dans l’ego-trip)

  • Contact B2B direct : un formulaire “importateur/distributeur” distinct, avec champs utiles (pays, canal, volumes, portfolio)

C’est là que l’inbound devient “rentable” : le contenu ne sert pas à faire du bruit, il sert à qualifier et à pré-cadrer.

Temps de chargement : enjeu commercial… et SEO

En B2B, on sous-estime souvent la vitesse sous prétexte que “ce n’est pas de l’e-commerce”. Mais l’importateur n’est pas plus patient qu’un consommateur. S’il ouvre ton site sur mobile entre deux rendez-vous et que ça rame, tu perds l’attention — et parfois la crédibilité.

Côté performance, Google rappelle qu’un retard d’1 seconde peut impacter la conversion de manière significative (jusqu’à 20% dans le retail, et les mécanismes de friction attentionnelle restent comparables).

Donc, pour un site .com B2B, la performance n’est pas un détail technique : c’est une condition d’accès à la lecture, à la preuve… puis au lead.

Recommandations simples (et très efficaces) :

  • images compressées (formats modernes), pas de carrousels lourds

  • scripts et plugins strict minimum

  • pages “B2B proof” sobres, rapides, claires

  • hébergement propre + cache + CDN si international

Green SEO : quand la sobriété sert la conversion (et ton image)mais surtout nous rend service à tous!

Le green SEO n’est pas une coquetterie : c’est une logique d’efficacité. Une page plus légère :

  • charge plus vite (donc retient mieux)

  • consomme moins de données (utile à l’international)

  • réduit son empreinte carbone numérique

À titre d’ordre de grandeur, des outils comme Website Carbon Calculator estiment la moyenne autour de 0,36 g CO₂e par page vue (moyenne indicative, variable selon poids de page, réseau, énergie).

Pour une entreprise agro/spiritueux, ce sujet n’est pas seulement “RSE” : c’est cohérent avec une attente montante des acheteurs et distributeurs qui demandent de plus en plus des preuves de sérieux (traçabilité, conformité, logistique… et parfois sobriété).

Une méthode pragmatique en 90 jours pour ouvrir sans se disperser

Au lieu de “viser l’international”, vise une montée progressive :

  • Choisir 2 marchés prioritaires (un marché de valeur + un stabilisateur) et les produits qui peuvent être demandés par ce marché suivant les tendances et besoin du marché visé.

  • Définir 1 persona B2B dominant (importateur multi-marques ? distributeur CHR ? grossiste ? centrale caviste?)

  • Traduire uniquement les pages décisives (preuves, fiches, logistique, contact B2B)

  • Créer 6 à 10 contenus inbound ultra ciblés (problèmes d’acheteurs, pas storytelling généraliste)

  • Optimiser la performance (vitesse + sobriété = confiance + SEO)

  • Mesurer : requêtes, pays, pages d’entrée, leads qualifiés, temps de lecture

L’idée est simple : ouvrir des portes, mais seulement celles que ta structure peut tenir (production, marge, supply, conformité). L’inbound marketing international devient alors un outil de résilience: il stabilise la prospection, densifie la crédibilité, et soutient la force commerciale au lieu de la concurrencer.

Structurer l’international pour sécuriser la valeur, pas pour courir après les volumes

Dans un contexte où les marges se contractent, où les volumes deviennent plus erratiques et où les canaux historiques (CHR, parfois GMS) ne suffisent plus à absorber les chocs économiques, l’ouverture internationale ne peut plus être improvisée. Elle doit être pensée comme un levier de stabilisation, et non comme une simple extension commerciale.

Les chiffres confirment cette nécessité. Dans l’agro-alimentaire et les spiritueux, plus de 60 % des acheteurs B2B initient désormais leur réflexion en ligne, bien avant tout contact commercial. Pourtant, selon plusieurs études sectorielles, moins d’un tiers des industriels disposent d’un site international réellement structuré pour des importateurs ou distributeurs, capable de répondre clairement aux questions de conformité, de logistique, de positionnement prix et de disponibilité produit. Le décalage est réel.

À cela s’ajoute une contrainte souvent sous-estimée : le temps. Les cycles de vente B2B à l’international sont longs — 6 à 18 mois en moyenne selon les filières — et chaque friction (site lent, information floue, contenu non traduit, absence de preuves) allonge encore ce délai, voire élimine l’entreprise avant même qu’un échange ne commence. À l’inverse, un site en .com rapide, sobre et orienté B2B peut réduire ce cycle de plusieurs semaines, simplement en apportant des réponses claires au bon moment.

La performance technique devient alors un enjeu commercial à part entière. Un site qui charge en moins de 2,5 secondes, allégé et pensé dans une logique de green SEO, n’améliore pas seulement son référencement : il augmente la probabilité qu’un décideur reste, lise, partage en interne et revienne. Dans un univers où l’attention est rare, cette sobriété numérique devient un marqueur de sérieux et de maturité.

Enfin, l’inbound marketing appliqué à l’international ne cherche pas le volume pour le volume. Il vise à attirer moins de prospects, mais mieux qualifiés, capables de soutenir la stratégie de l’entreprise sur la durée. Un importateur ou un distributeur convaincu représente souvent des volumes récurrents, une meilleure visibilité sur la production, et une relation commerciale plus stable qu’une multiplication de débouchés fragiles.

Structurer cette ouverture internationale, c’est donc faire un choix stratégique : celui de maîtriser son discours, de sélectionner ses marchés, de parler les bonnes langues, et de laisser le digital travailler en amont pour la force commerciale. Dans un secteur soumis à de fortes tensions économiques, cette approche n’est plus un luxe, mais un facteur de résilience.

L’inbound marketing, lorsqu’il est pensé pour le B2B agro-alimentaire et les spiritueux, ne promet pas des miracles rapides. Il offre quelque chose de plus précieux : de la prévisibilité, de la cohérence et une capacité à se projeter à l’international sans fragiliser ses marges ni son organisation.