Développer la notoriété et les ventes d’une entreprise industrielle sans baisser les prix
Pourquoi les industriels peinent à maîtriser leur développement commercial et comment bâtir une autorité produit visible avant l’appel d’offres, en France et à l’international. Quand on veut se développer sur un marché on pense souvent à développer la notoriété, mais dans l'industrie c'est différent
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LYDIE GOYENETCHE
1/15/202611 min lire


Quand le développement commercial semble vous échapper : une réalité largement partagée par les industriels francophones
Pour de nombreux industriels français et francophones, le développement commercial — qu’il soit national ou international — ne se heurte pas d’abord à un problème de savoir-faire technique ou de capacité de production. Les produits sont conformes, parfois excellents, l’outil industriel est maîtrisé et les compétences internes sont là. Pourtant, un sentiment de plafonnement persiste : celui de ne pas être pleinement maître de sa trajectoire commerciale.
Cette impression est loin d’être marginale. Selon plusieurs enquêtes menées auprès de dirigeants industriels en France, plus d’une entreprise industrielle sur deux estime dépendre excessivement d’un nombre restreint de clients ou de donneurs d’ordres, ce qui fragilise la rentabilité et limite la capacité à investir sereinement dans le développement. Cette dépendance n’est pas seulement commerciale ; elle influence aussi les choix de production, d’innovation et de positionnement.
Dans les appels d’offres, ce sentiment est encore plus marqué. Des études sectorielles montrent que près de 60 à 70 % des acheteurs industriels privilégient des fournisseurs déjà référencés ou historiquement connus, même lorsque des alternatives techniques comparables existent. Ce comportement vise à réduire le risque, à sécuriser les chaînes d’approvisionnement et à limiter les coûts indirects liés au changement de fournisseur. Pour l’industriel qui n’appartient pas à ce cercle, l’accès au marché devient mécaniquement plus difficile.
Cette situation crée une tension structurelle bien connue dans l’industrie. D’un côté, la standardisation de certains produits est nécessaire pour atteindre un seuil de rentabilité. Dans l’industrie manufacturière française, les marges nettes moyennes se situent généralement entre 3 % et 6 %, ce qui laisse peu de marge d’erreur. Produire des volumes réguliers, avec des références standardisées, permet de sécuriser l’appareil de production, les compétences et les process internes.
De l’autre côté, ces produits standardisés ne sont pas toujours ceux qui génèrent le plus de valeur. Les lignes plus spécifiques, plus techniques ou à plus forte valeur ajoutée offrent souvent de meilleures marges, mais elles souffrent d’un déficit de visibilité et de reconnaissance. Or, selon des études B2B européennes, plus de 70% du processus d’achat industriel est réalisé avant tout contact commercial, principalement à travers la recherche d’informations, la notoriété perçue et la réputation de l’entreprise.
Progressivement, un décalage s’installe. Vous pilotez la production, l’optimisation, parfois l’innovation, mais le développement commercial semble dicté par des facteurs externes : décisions des acheteurs, panels fournisseurs verrouillés, habitudes de marché. Ce sentiment est particulièrement fort à l’international, où les industriels français déclarent souvent manquer de visibilité face à des concurrents perçus comme plus installés ou plus “évidents” dans l’esprit des décideurs locaux.
C’est à ce stade que la question du marketing émerge, souvent de manière diffuse. Non pas comme une demande de communication ou de publicité, mais comme un besoin de compréhension : pourquoi, à qualité équivalente, certaines entreprises sont-elles spontanément retenues, quand d’autres restent en périphérie ? Pourquoi la croissance semble-t-elle dépendre davantage de la notoriété et de la reconnaissance que de la performance technique seule ?
Ce questionnement est aujourd’hui partagé par une large partie des industriels francophones. Il ne traduit pas une faiblesse, mais un changement de nature du problème. Le développement commercial n’est plus uniquement une affaire de vente ou de prospection, mais de place occupée dans l’esprit des décideurs, bien avant l’appel d’offres. Et c’est précisément à cet endroit — entre visibilité, reconnaissance et autorité — que se joue désormais une part décisive de la compétitivité industrielle.
Le choix final du fournisseur est d’abord une décision d’acheteur
Comprendre les objectifs réels de l’acheteur industriel quand il fait entrer un nouveau fournisseur
Un acheteur ne cherche presque jamais un nouveau fournisseur « par confort »
Dans l’industrie, l’entrée d’un nouveau fournisseur est rarement un acte opportuniste. Elle répond le plus souvent à une contrainte précise. Les études menées sur les fonctions achats montrent que près de 70 % des recherches de nouveaux fournisseurs sont déclenchées par un objectif de réduction des coûts, dans un contexte de pression sur les marges et de volatilité des prix des matières premières. À cela s’ajoute le fait que plus de 60 % des directions achats sont aujourd’hui évaluées sur leur capacité à générer des économies mesurables, ce qui oriente naturellement leurs décisions vers des logiques de négociation et de mise en concurrence.
Dans les autres cas, la recherche d’un nouveau fournisseur est liée à des enjeux de sécurisation de l’approvisionnement. Les crises logistiques récentes ont mis en évidence que plus de 50 % des industriels européens ont subi des ruptures de stock ou des retards critiques sur les 5 dernières années. Enfin, lorsqu’un nouveau produit ou service est lancé, l’acheteur peut être amené à sourcer de nouveaux partenaires, mais souvent sans visibilité claire sur les volumes, ce qui accroît encore son aversion au risque. Ce qui le pousse à orienter ses choix finaux sur le prix ou la sécurisation de la livraison ou vers un produit 100% identique à celui que ses équipes utilisaient avant.
La priorité de l’acheteur : sécuriser ses fournisseurs existants
Le métier d’acheteur consiste avant tout à qualifier, sécuriser et négocier. Dans ce cadre, il est logique qu’il privilégie en priorité les fournisseurs déjà référencés par son entreprise. Les chiffres sont clairs : entre 65 % et 80 % des volumes d’achat industriels sont réalisés avec un panel de fournisseurs existants, précisément parce que cela réduit les risques opérationnels.
Travailler avec des partenaires connus permet à l’acheteur de :
sécuriser les délais de livraison,
maîtriser les conditions contractuelles,
limiter les litiges liés aux prix ou à la facturation.
À moyen terme, cette stabilité renforce également son pouvoir de négociation. Les analyses achats montrent que les acheteurs obtiennent en moyenne 5 à 10 % de concessions supplémentaires (prix, services, délais) lorsqu’ils concentrent les volumes sur un nombre restreint de fournisseurs. Introduire un nouvel acteur ne se justifie donc que si un gain clair est attendu.
Pourquoi il est difficile d’entrer sur un marché déjà structuré
Dans ces conditions, entrer sur un marché industriel déjà structuré est particulièrement complexe, même avec des produits équivalents. Tant que les fournisseurs en place répondent aux besoins techniques et que les prix peuvent être renégociés, l’acheteur n’a aucun intérêt à multiplier les partenaires. Les études B2B montrent que près de 75 % des acheteurs ne changent pas de fournisseur tant que la performance est jugée “satisfaisante”, même si elle n’est pas optimale.
L’ouverture se produit généralement lorsque :
les fournisseurs existants refusent de baisser leurs prix,
un risque d’approvisionnement apparaît,
ou qu’une alternative crédible devient visible sur le marché.
C’est souvent à ce moment-là que la recherche commence sur Internet. Avant même de contacter un commercial, plus de 70 % des acheteurs industriels effectuent des recherches en ligne pour comparer des produits concurrents, évaluer des alternatives et vérifier la crédibilité des fournisseurs potentiels. Cela ne veut pas pour autant dire qu'il y aura contact commercial par la suite, mais que vos contenus peuvent servir dans des renégociations entre l'acheteur et ses fournisseurs d'origine...certains acheteurs sont prêts à accepter des augmentations, mais là il s'agit d'un autre sujet...
Le SEO stratégique : apparaître au moment exact où l’acheteur compare
C’est ici que le SEO stratégique entre en jeu. Lorsque votre stratégie de référencement met en avant les bons produits, les bons services et les bons cas d’usage, vous commencez à apparaître sur des requêtes comparatives ou exploratoires. Ces signaux sont visibles très concrètement dans la Search Console : recherches par référence produit, par alternative, par usage ou par contrainte métier.
Mais un point est souvent sous-estimé : la langue de l’acheteur et la langue du secteur d’activité ne sont pas toujours les mêmes. Dans les groupes internationaux, plus de 50 % des acheteurs travaillent dans une langue différente de celle du pays du fournisseur, généralement l’anglais, parfois l’espagnol ou l’allemand selon les marchés. Une stratégie SEO pertinente doit donc intégrer cette réalité linguistique et culturelle.
À ce stade, on ne parle plus de SEO technique ni de mots-clés isolés, mais d’un levier stratégique de visibilité : être identifié comme une alternative crédible avant même le premier échange commercial, au moment où l’acheteur commence à envisager que d’autres fournisseurs existent.
Intention de développement: arbitrer entre marché local et marché international
Comprendre où investir sa visibilité et son effort marketing
Marché local ou marché international : une décision stratégique, pas une posture marketing
Une entreprise industrielle expérimentée connaît rarement ses produits “au hasard”. Elle sait très bien quels produits sont compétitifs localement, lesquels répondent à des contraintes normatives spécifiques, et quels produits ont un potentiel sur d’autres marchés, parfois plus porteurs, parfois plus matures. Cette connaissance terrain est un avantage décisif.
La question n’est donc pas de savoir s’il faut communiquer partout, mais où concentrer ses efforts de visibilité. Dans un contexte de ressources limitées, arbitrer entre marché national et marché international devient un choix stratégique. Investir dans la visibilité d’un produit sur un marché où il est déjà reconnu n’a pas le même impact que de chercher à imposer une solution sur un marché où l’entreprise est encore perçue comme périphérique.
Or, dans les deux cas, la visibilité digitale joue un rôle croissant. Les études B2B montrent que plus de 70 % des acheteurs industriels effectuent une première phase de recherche en ligne avant toute interaction, que ce soit pour comparer des alternatives locales ou explorer des fournisseurs étrangers. La question n’est donc plus faut-il être visible, mais comment et où bâtir une autorité lisible.
Bâtir une autorité produit sur la SERP nationale : logique d’un site en .fr
Sur un marché national, un site en .fr reste un signal fort de proximité et de légitimité. Il facilite l’ancrage local, la reconnaissance sectorielle et la confiance culturelle. Lorsqu’un produit est destiné prioritairement au marché français, bâtir une autorité produit sur la SERP nationale permet d’installer l’entreprise comme un acteur de référence dans son écosystème.
Dans ce cadre, le SEO ne consiste pas à empiler des mots-clés, mais à structurer une expertise produit visible : cas d’usage, contraintes réglementaires françaises, normes, filières, partenaires, retours d’expérience. Cette autorité est particulièrement efficace lorsque les acheteurs recherchent des fournisseurs déjà “compatibles” avec leur environnement local.
Cependant, cette logique atteint rapidement ses limites dès lors que l’entreprise vise des marchés extérieurs. Un site en .fr, même très bien référencé, reste fortement associé à un périmètre national. Sur les SERP internationales, il est souvent moins mis en avant, non pas pour des raisons de qualité, mais pour des raisons de pertinence géographique perçue.
Autorité produit et visibilité internationale : la logique du .com
À l’international, la logique change. Un site en .com agit comme un domaine plus neutre, plus facilement projetable sur plusieurs marchés. Il permet de bâtir une autorité produit à l’échelle internationale, en dissociant la compétence technique de l’ancrage national.
Mais cette neutralité implique une exigence supplémentaire : la clarté linguistique et sectorielle. Un site en .com mal structuré, monolingue ou générique, perd rapidement en lisibilité. À l’inverse, un .com bien organisé, avec des contenus adaptés aux langues des acheteurs et aux usages des marchés cibles, peut apparaître comme une alternative crédible face à des acteurs locaux déjà installés.
Les données de recherche montrent que plus de 50 % des acheteurs B2B consultent des contenus dans plusieurs langues, notamment dans les groupes internationaux. La langue de l’acheteur, la langue du secteur d’activité et la langue du pays d’implantation ne coïncident pas toujours. Le multilinguisme devient alors un levier stratégique, non seulement pour être compris, mais pour être reconnu comme un acteur sérieux et structuré.
Multilinguisme et nom de domaine : un signal combiné dans les résultats de recherche
Contrairement à une idée répandue, le nom de domaine seul ne suffit pas. Google croise plusieurs signaux : langue du contenu, extensions, structure du site, signaux utilisateurs et contexte géographique de la recherche. Un site en .com multilingue, correctement structuré, a plus de chances d’apparaître sur des requêtes internationales qu’un site en .fr, même très performant localement.
Mais l’inverse est aussi vrai : un site en .fr multilingue peut être visible à l’international, à condition que la stratégie soit claire et cohérente. Ce n’est donc pas une opposition dogmatique entre .fr et .com, mais un choix d’architecture aligné avec l’intention de développement.
L’enjeu n’est pas d’être visible partout, mais d’être visible là où vos produits ont un réel potentiel, dans la langue des décideurs et avec un discours qui parle leur réalité métier. À ce niveau, le SEO devient un outil d’arbitrage stratégique : il permet de tester, mesurer et ajuster la visibilité des produits selon les marchés, avant même d’engager des investissements commerciaux lourds.
En filigrane : reprendre la main sur son développement
Choisir entre marché local et marché international ne signifie pas renoncer à l’un pour l’autre. Cela signifie ordonner ses priorités, bâtir des autorités produits distinctes et cohérentes, et utiliser la visibilité digitale comme un levier de maîtrise, non comme une dépense opportuniste ou une réaction à court terme.
Dans un environnement industriel, il est tentant de croire qu’entrer sur un marché passe d’abord par une baisse de prix par rapport aux fournisseurs déjà en place. Cette approche peut fonctionner ponctuellement, mais elle comporte un risque souvent sous-estimé: un décalage trop important avec les prix du marché ne génère pas nécessairement de la confiance durable. Bien au contraire. Aux yeux de l’acheteur, un prix anormalement bas peut déclencher une vigilance accrue, parfois sur plusieurs années : contrôles renforcés, audits répétés, exigences contractuelles plus strictes, surveillance continue de la qualité et des délais. Autrement dit, le prix devient un signal… mais pas toujours dans le bon sens.
Dans le même temps, lorsqu’il n’existe encore aucune relation commerciale, il est très difficile pour un industriel de comprendre les véritables équilibres en place : la nature de la relation entre le fournisseur installé et le client, les concessions déjà accordées, les irritants existants, ou les raisons pour lesquelles certains produits continuent d’être achetés malgré des performances discutables. Ces informations ne circulent pas librement. Elles se construisent dans la durée, au fil des interactions, et restent largement invisibles depuis l’extérieur.
C’est précisément à cet endroit que le SEO stratégique prend tout son sens. Lorsqu’un acheteur, un responsable qualité ou un prescripteur commence à s’interroger — sur un fournisseur, sur un produit, sur une alternative possible — son premier réflexe est souvent la recherche d’information. Si votre site apparaît alors, non pas par hasard mais parce qu’il est positionné sur les bonnes requêtes, celles qui traduisent les préoccupations réelles du marché, vous accédez à un espace rare : celui de la réflexion amont.
Il ne s’agit pas de volume, ni d’impressions, ni même de clics. Tout se joue dans la nature des requêtes. Les requêtes qui signalent un doute, une comparaison, une recherche d’alternative ou une volonté de comprendre. Être présent à ce moment-là, avec un contenu clair, structuré et crédible, permet d’exister avant l’appel d’offres, avant la négociation, avant même que la décision ne soit formalisée.
Dans un contexte où les décisions industrielles se prennent bien en amont des processus officiels, être identifié comme une référence produit, au bon endroit et dans la bonne langue, devient un avantage concurrentiel décisif. Non pas pour forcer l’entrée sur un marché, mais pour y entrer avec justesse, légitimité et maîtrise.


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